Entretien avec Mohamed Chouikh

Collector, au moment où la société algérienne se mobilise pour changer le pays, un entretien avec Mohamed Chouikh que j’avais réalisé à Lille le 26 janvier 1998 à l’hôtel Brueghel (bien connu des cinéphiles de la métropole) à l’occasion de la sortie de son film L’Arche du désert. Ses films La Citadelle (1989) et Youcef, la légende du Septième Dormant (1993), m’ont marqué. Ils faisaient partie des rares films maghrébins qui arrivaient à l’époque sur les écrans en France et se démarquaient d’une bonne partie de la production d’alors en termes politiques. Il faut aussi rappeler le contexte de la guerre civile en Algérie (1991-2002), qui est évoqué dans cet entretien à plusieurs reprises. Les questions que j’ai posées n’ont aucun intérêt et je ne les reprend ici que pour rythmer la lecture.
N’ayant pas revu ces films récemment, j’ignore quel regard je porterais dessus aujourd’hui. Cependant, cet entretien reste pour moi un moment important.

Comment s’est passée la préparation de L’Arche du désert? Vous ne tournez pas souvent, à peu près tous les quatre ou cinq ans…

Je me considère pourtant comme un privilégié par rapport à mes collègues. Certains ont commencé leur film il y a huit ou neuf ans, et il sort seulement aujourd’hui. C’est difficile parce que je suis un réalisateur du tiers-monde. Et d’autre part la situation sécuritaire ne favorise pas la recherche de partenaires. Disons qu’ils ont tous la trouille. Ils se disent « on ne peut pas coproduire ce film, il est fou, on ne sait pas s’il va le faire ». Je leur réponds qu’il y a encore 28 millions d’Algériens en Algérie. C’est possible d’y faire des films. Récemment, je suis le seul à avoir tourné en 35mm dans des décors extérieurs. Il y a des réalisateurs qui tournent, mais généralement des sitcoms ou des films en studio.

En plus les films nationaux sont très mal distribués dans les salles.

Après l’Indépendance on avait un parc de 560 salles à peu près. Et le parc a commencé à se dégrader parce que le Parti de l’époque prenait les salles pour faire des réunions. Il a détourné la fonction de la salle de cinéma. On a tendance à croire que la dégradation du parc est récente mais c’est faux. Puis le réseau s’est réduit à 200 salles. Nous avions un cinéma d’Etat. Ce cinéma d’Etat avait le monopole, il achetait par exemple sur une année 400-500 films et il les distribuait dans les salles. Or, comme vous le savez, nous avons adopté depuis l’économie de marché. D’où des restrictions imposées par la politique du FMI. A cause de ces restrictions, l’organisme d’Etat qui gérait le secteur du cinéma ne s’est même plus trouvé en mesure de payer ses salariés. De 500 films achetés nous sommes passés à quatre. Vous voyez la différence, elle est énorme ! Les exploitants devenus privés n’ayant pas de 35mm, ils se sont dits : on ne va pas quand même fermer les salles, il faut qu’on vive, qu’on puisse manger ! Et ils se sont recyclés dans le piratage de la vidéo. On peut voir dans ces salles des films piratés sur les chaînes françaises, par exemple, qui sont montrés en vidéoprojection ! Et les gens y vont. Si on veut défendre les droits des cinéastes, qu’ils soient algériens ou étrangers, il faut fermer ces salles. Mais comme il n’y a pas en parallèle de politique d’achat de films, en faisant ça on va pénaliser les jeunes, qui forment l’essentiel du public. Alors la situation ne change pas. Un réalisateur algérien peut donc faire un film sans être sûr que son film passera correctement dans son propre pays.

Il sera mieux diffusé à la rigueur en France ou dans les festivals.

Les festivals ne prennent pas n’importe quoi. Mais le paradoxe effectivement, c’est que la Fance devient notre premier marché. Il existe quand même un réseau de salles de cinéma qui est celui de la Cinémathèque algérienne, qui a justement récupéré des salles qui étaient abandonnées. Ca devient une sorte de circuit d’Art et Essai. Et c’est à travers les quelques salles de ce réseau que je vais essayer de faire passer le film.

Pour en revenir à L’Arche du désert… Vous avez réussi à tourner ce film, vous avez choisi de continuer à tourner en Algérie alors qu’il y a d’autres réalisateurs algériens qui sont venus travailler en France.

D’abord si j’ai choisi de rester c’est parce que je ne peux vivre que dans un pays où je me sens à l’aise pour m’exprimer, c’est un principe. Je ne suis pas contre l’exil. Quand quelqu’un ne peut plus s’exprimer, il va ailleurs. La patrie de quelqu’un c’est là où il peut effectivement travailler et s’exprimer. Il y a beaucoup de cinéastes compétents en France. Je me sens plus utile en Algérie où vivent quand même 28 millions de personnes. Tout le monde n’est pas parti.

Vos histoires se déroulent dans des communautés rurales, on voit très peu la ville dans vos films.

Si je situe mes films dans des univers ruraux, c’est parce que les structures mentales et sociales des Algériens sont basées sur le tribalisme. Le tribalisme se retrouve même dans le système. Nous avons une mentalité de ruraux. Alger, c’est un gros douar, finalement. A partir du moment où j’ai choisi de filmer les êtres et leur mentalité, il fallait que j’aille à la source, c’est-à-dire à l’extérieur de la ville… Mais il suffit de faire dix kilomètres en dehors d’Alger et vous êtes dans le village du film, il n’y a pas de secret. L’Arche du désert, c’est un peu l’Arche de Noè…

C’est un lieu hors du temps.

Oui. Je me suis dit : l’Arche, personne ne nous la fera. C’est aux Algériens de se sauver eux-mêmes. L’arche, c’est un oasis. On crée quelque chose, une communauté, la vie, au milieu du sable dans l’immensité du désert… Et c’est ça qui va sauver les Algériens : la terre… C’est presque écologique ce que je dis, mais c’est sur cette parcelle verdoyante où il y a de l’eau, source de vie, que les hommes doivent vivre et se tolérer. D’autre part, l’enfant que l’on voit à la fin du film a été bercé pendant tout le récit du film par une certaine morale, une morale coranique, biblique. Et cet enfant ne croit plus aux adultes. Il ne croit plus à leur morale. C’est pour ça qu’il quitte cette arche, en route vers un monde meilleur.

En même temps, vos films sont toujours assez pessimistes. Youcef se termine par la mort du héros ; dans La citadelle, Kaddour meurt également, poussé à une sorte de suicide par la communauté…

Je pourrais dire que L’Arche du désert est un film optimiste parce que je n’ai pas tué mes personnages, mais toute la société. Généralement c’est la société qui réussit à séparer les amants, mais là, le couple reste vivant. Je ne voulais pas terminer sur ce couple, parce qu’il était porteur de culpabilité. A cause de lui, il y a eu tout ce drame. Le côté optimiste, c’est de mettre l’espoir dans un enfant qui lui n’est porteur d’aucune culpabilité. Par nature, je ne suis pas pessimiste. Mais je vis dans une société qui est en plein bouleversement. Il m’est difficile de faire des choses légères. Je n’ai rien contre ! Je voulais pourtant avec ce film que les gens réfléchissent. Quand l’enfant s’en va et que quelqu’un me demande ce qu’il va devenir, je veux que le spectateur algérien s’interroge : vous vous entretuez au nom de quoi ? Au nom d’un passé lointain, de la mémoire… Quand on regarde ce qui s’est passé en Yougoslavie, au Liban, partout, les gens sont les mêmes, c’est un même peuple. Ils s’entretuent au nom d’une mémoire. Dans la mémoire il y a de bonnes choses. Mais il y en a aussi de très mauvaises qui génèrent la haine et l’intolérance.

On peut être pessimiste sur l’avenir des sociétés arabes en général.

La révolution algérienne au départ défendait une cause noble, la libération de tout un peuple. Mais j’explique dans Youcef comment cette révolution a été confisquée par des potentats et comment elle a été détournée, et le peuple berné. On a l’impression que ces potentats ont fait la révolution pour pouvoir faire du business.

Il n’y a aucun pays arabe démocratique.

Vous n’avez qu’à acheter des journaux de la presse indépendante algérienne, vous verrez qu’on y dénonce la corruption, le pouvoir, le système. Tous les pays qui nous entourent ont des systèmes avec des chapes de plomb. Ce sont des généraux qui dirigent. Mais on s’y est habitué, cela fait partie du folklore du monde arabe. Pour l’Algérie, les choses sont différentes. Il y a une exigence démocratique chez les citoyens.
Dans cette petite palmeraie, j’essaie de métaphoriser l’Algérie. Et c’est même plus universel, puisque c’est une critique des nationalismes. Je ne suis pas contre les recherches identitaires. Mais au moment où l’Europe s’unit dans sa diversité et ses contradictions, nous, nous sommes en train, dans le tiers-monde, de nous désunir. Le monde arabe est désuni alors qu’il pourrait constituer une force extraordinaire. Les peuples sont très différents, mais il y a du pétrole partout, plus de 250 millions d’habitants…
Sur le plan cinématographique par exemple, j’ai fait un film algérien en arabe dialectal qui va être compréhensible au Maroc, en Tunisie, en Lybie, en Egypte… Mais personne ne l’achète. Les Egyptiens sont aussi protectionnistes que les Américains, parce qu’ils pensent qu’ils sont le nombril de la cinématographie arabe. C’est vrai qu’ils ont fait de grands films, qu’ils nous ont fait rêver avec leurs comédies musicales… Mais malheureusement ils sont eux-mêmes en pleine décadence. Leur cinéma existe au passé.

J’ai moi-même une double culture, et j’accepte aussi bien Al-Mouttanabi que Prévert. C’est l’acceptation de l’autre qui fait que l’on peut vivre avec son passé. Cela ne m’empêche pas de m’enthousiasmer pour des poètes arabes ou berbères du passé, par exemple. Saint-Augustin était un Berbère… Il fait lui aussi partie de ma mémoire.

Vos films tournent souvent autour d’une histoire de couple, une histoire d’amour, et vous essayez de mettre en relief toutes les contradictions de la société algérienne par rapport aux femmes. On a l’impression qu’en Algérie plus qu’ailleurs dans le monde arabe, les femmes ont pris conscience de leur oppression. C’est peut-être parce qu’elles ont eu accès à une certaine éducation, et puis aussi en raison de leur participation très active à la lutte de libération. Mais d’un autre côté les hommes ne sont pas non plus montrés forcément comme des tyrans, ils sont aussi prisonniers d’un certain nombre d’interdits et de contradictions.

Je ne veux pas faire de manichéisme. Concernant les femmes, j’ai essayé d’avoir une progression dans ma vision des femmes algériennes depuis La Citadelle où je les ai filmées dans leurs frustrations, leur passivité face à leurs souffrances. Puis j’ai été confronté à des femmes qui, elles, n’étaient pas passives. Elles avaient fait la guerre, mais après elles ont abandonné les armes pour regagner leurs foyers. Ce sont les maris et les pères qui les ont trompées. Alors quand j’ai fait Youcef, j’ai complété ma lacune féministe en quelque sorte. J’ai montré des femmes révolutionnaires. Entretemps, entre Youcef et L’Arche, l’actualité algérienne a fait que la femme algérienne n’a plus été passive. Elle n’est plus dupe comme dans Youcef, ni passive comme dans La Citadelle. Elle s’est mise à sortir, à prendre des décisions, à prendre son destin en main. On dit en Algérie que les seuls hommes que nous avons c’est les femmes. C’est elles qui étaient dans les rues pour manifester, et c’était l’homme qui était à l’intérieur de la maison. D’où ce changement de mon attitude vis-à-vis des personnages féminins dans mon film. Il y a une femme qui s’appelle Houria (liberté en arabe). Elle est libre de son corps, elle envoie promener qui elle veut. Elle est mère de tous ces personnages rejetés par une société conservatrice, les musiciens, les poètes… Et il y a la jeune fille qui au début est passive, qui accepte le mariage avec un cousin lointain. Puis le soir du mariage, elle prend une arme et tue son futur époux. Elle n’est pas heureuse ni fière d’avoir tué quelqu’un. C’est un crime, et elle le sait. Elle repousse même son petit copain qui lui n’est pas très net au niveau de ses sentiments. Là, la situation de la femme est dfférente de celle de La Citadelle. Les femmes elles-mêmes ont changé.
Je voulais que le couple soit un prétexte à une narration. Le vrai couple dans mon film, ce sont les ethnies qui s’opposent. J’ai enlevé à ces enfants les parents. Ils n’ont pas de père. C’est la société qui les prend en charge.

Dans cette société patriarcale, les hommes éprouvent paradoxalement un réel mal-être.

Oui, parce qu’ils essaient de régler cette société. Ces sages, puisque chaque ethnie a ses sages, tiennent une espèce de conseil dans une grotte, ils essaient de résoudre les problèmes mais c’est trop tard. Le mal est fait, et un cycle infernal est enclenché. Vous avez remarqué que j’ai fait venir la violence de l’extérieur. Dans la méconnaissance de la situation mais avec des principes qu’ils croient souverains, ces gens viennent rendre leur justice et par là-même se rendent coupables d’injustices.

Vous parliez de la difficulté à faire voir vos films à la fois dans les pays arabes et en même temps à l’étranger, mais ça vient à mon avis du regard extrêmement lucide que vous portez sur la société algérienne – bien que vos histoires aient avant tout une dimension universelle. En même temps, en France, un spectateur qui n’est pas suffisamment au fait de ce qu’est la société algérienne va être complètement dérouté, parce que vos films ne répondent pas du tout aux clichés que le spectateur occidental a sur l’Algérie.

Exactement, je ne réponds pas à ces fantasmes. Je ne cherche pas à monter un fonds de commerce. Souvent on se dit : « Qu’est-ce qui peut plaire à l’Occident ? ». On sait très bien ce qui peut plaire à l’Occident. Les Américains savent très bien ce qui peut plaire, ce qui est vendable et ce qui n’est pas vendable. Il y a des moments où je me dis que je devrais faire un film qui pourrait marcher mais ça ne dure pas. Je veux que mes films survivent au temps.
J’ai besoin d’argent pour faire mes films. Mais pour l’instant j’ai encore la chance de faire ce que j’aime et de dire ce que je pense. Pas de producteur derrière moi pour m’imposer des choses. J’ai présenté le film en Allemagne, en Suisse, en Belgique, et il y a encore un public pour le genre de films que je fais. Le public va en majorité voir des films américains, évidemment, mais c’est la même chose en Algérie, les jeunes là-bas voient les mêmes films qu’ici. L’Algérie est un pays inattendu où les changements peuvent intervenir du jour au lendemain, il y a une incertitude liée à l’avenir. En dehors des massacres, de la violence, le pays connaît en ce moment de profonds bouleversements dont on ne peut dire pour l’instant sur quoi ils déboucheront. A mon avis, s’installent des paramètres qui nous permettront plus tard d’aboutir à une société plus cohérente. Mais on n’est pas encore sortis du tunnel !
J’ai écrit le scénario de Youcef cinq ans avant qu’on assassine le président Boudiaf. Par hasard, le film s’est trouvé avoir beaucoup de similitudes avec la situation du président. Et toute la presse, y compris française, a pensé que j’avais fait un film sur Boudiaf, parce que Youcef subit une traversée du désert comme Boudiaf, qu’il est une des dernières grandes figures de la guerre, et comme Boudiaf, Youcef est tué le jour de l’Indépendance. L’Arche, je l’ai écrit il y a trois ans. Quand j’ai tourné l’an dernier la séquence du massacre, j’avais l’impression que ce n’était pas crédible, et je voulais la couper au montage. Et puis le temps de terminer le film, et cette séquence était devenue malheureusement plus que crédible.

Vous êtes quand même resté un idéaliste. Quand on voit par exemple Rachid Mimouni qui était complètement désabusé, et que son désespoir a fini par tuer…

Je n’appartiens à aucun parti, même si j’ai de la sympathie pour certains. Mais je tiens à mon indépendance en tant qu’artiste.
Rachid Mimouni, c’est quelqu’un que j’aimais bien. Il a défendu le scénario de Youcef, comme Tahar Djaout qui a été assassiné. Mais c’est l’exil qui a tué Rachid Mimouni. Il est parti dans un endroit où il n’était pas bien dans sa peau, dans sa pensée, et c’est ça qui l’a tué.

Est-ce que les intellectuels, les artistes algériens ont envie de se rencontrer, de travailler ensemble pour faire acte de résistance par rapport aux événements actuels ?

Ce n’est pas possible, hélas. Avant, il y avait des regroupements mais officiels. Nous nous rencontrons dans les cimetières quand nous avons un ami qui meurt. Les gens que je connais sont maintenant plutôt sur Paris. Et puis en Algérie il y a deux classes d’intellectuels, les francophones et les arabophones. Je peux passer entre les deux, mais souvent tout est cloisonné.

Les jeunes dans Youcef sont pourtant désabusés.

Nous avons deux révolutionnaires, Fidel Castro et Che Guevara. L’un est un révolutionnaire romantique qui a continué sa révolution jusqu’à la fin, et l’autre a voulu instaurer et gérer un système. Qui des deux a eu raison dans sa démarche ? En Algérie, les gestionnaires ont mal géré.

Vous travaillez sur un autre projet actuellement ?

Oui. Le prochain commence dans le désert et se termine en France.

Vous pensez que la situation du cinéma arabe peut s’améliorer?

Non. La télévision arabe reprend les mêmes films d’époque ou bien des sitcoms indiens, mexicains… Et là il n’y a pas de surprise, on contrôle le sujet. Ce qui est dramatique c’est que les grandes télés arabes sont situées à Londres, en Europe. Pourquoi ?
Pour le cinéma, il n’y a que Chahine qui arrive à s’en sortir grâce aux Français. Les laboratoires égyptiens sont aussi catastrophiques que ceux d’Algérie, mais il y a une demande interne. Les gens en Egypte vont au cinéma.

Les films qui ont le plus de succès auprès du public sont les films qui véhiculent les clichés occidentaux sur les sociétés arabes.

Ce n’est pas curieux. Même en France, c’est le cas. Mais au Maghreb, par exemple, les gens sont fatigués ! Un réalisateur marocain ou tunisien doit constamment jongler avec les contraintes dues au régime d’exception sous lequel il vit. D’où la recherche d’un certain unanimisme. Maintenant en Algérie on peut tout dire mais il n’y a pas d’argent. Et l’Egypte fait des films passe-partout.

La télé algérienne tourne des téléfilms. Vous n’avez pas envie de travailler pour la télé ?

Non, parce qu’à la télévision il y a une vision offcielle qui est imposée. Par exemple, ils ont acheté La citadelle, mais pour qu’il ne soit pas diffusé. Ils ont passé Youcef sur le satellite à minuit. Pour qui ?

Propos recueillis à Lille le 26 janvier 1998 à Lille par Mehdi Derfoufi.

Bio-filmographie de Mohamed Chouikh

Mohamed Chouikh est né le 3 septembre 1943 à Mostaganem. Il a onze ans en 1954, quand débute la Guerre d’Algérie. A la déclaration d’Indépendance, en 1962, il rejoint une troupe de théâtre qui deviendra le Théâtre National algérien. Dès lors, il s’engage activement avec d’autres artistes pour la construction du théâtre et du cinéma en Algérie. En 1965, Mohamed Chouikh joue dans l’une des premières grandes réalisations algériennes, L’aube des damnés de René Vautier et Ahmed Rachedi. En 1966, il interprète le rôle de Lakhdar (le fils) dans Le vent des Aurès de Mohamed Lakhdar Hamina. Le film est primé à Cannes en tant que meilleure première œuvre. Jusqu’en 1970, Mohamed Chouikh se consacre essentiellement à sa carrière d’acteur au théâtre et au cinéma. C’est le film de Michel Drach, Elise ou la Vraie Vie d’après le roman de Claire Etcherelli, qui le révèle au public français. 1972 est une étape décisive. Parallèlement à sa carrière d’acteur, Chouikh se met à écrire et participe à divers tournages. Il réalise ses premiers films pour la télévision algérienne : L’embouchure (1972) et Les paumés (1974). En 1982, il est l’assistant-réalisateur de Lakhdar Hamina pour Vent de sable (en sélection officielle à Cannes). En 1983, Rupture est présenté à la Quinzaine des réalisateurs. Jusqu’en 1989, Mohamed Chouikh réalise divers documentaires et court-métrages. Mais c’est en 1989 qu’il gagne son statut de réalisateur international, reconnu par la critique, avec La Citadelle, qui remporte une vingtaine de prix dans divers festivals. En 1993, Youcef ou la légende du septième dormant, une brillante dénonciation de la confiscation de l’idéal de l’Indépendance par les élites corrompues, est présenté à Venise et à Berlin. Et en 1997, L’Arche du désert entame sa carrière au Festival de Locarno.

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